EOLIG
Eric Caligaris
(2’59)
électroacoustique (2017)


« D'ailleurs peu importe de dire que ces corps ne sont pas produits les uns par les autres, mais qu'ils ont cependant des propriétés tout à fait égales; car de cette façon il faut toujours nécessairement que l'égalité de puissance reste à leurs masses, absolument comme s'ils étaient en effet issus les uns des autres. Il est donc évident que ni l'air ni le feu ne remplissent à eux seuls tout l'espace intermédiaire. »
Aristote, Météorologiques, Chapitre III, §8

La course des nuages ne s’arrête pas là ou nous le prévoyons ; elle qui relève des plus complexes algorithmes qui animent parfois les outils surprenants que nous avons inventés -et dont nous rêvons toujours- pour pallier notre cécité dans des domaines décidément hors champs depuis toujours. Les nuages ne s’arrêtent pas là. Les vents non plus. Chargés de ce que nous ne pouvons voir, on peut bien s’imaginer d’où ils viennent mais pour l’instant, on retient son souffle, on fait silence et on attend la manifestation qui nous renverra à un hypothétique plus tard, à même de constater et de comprendre ce qui nous échappait ici : qu’est-ce qui se joue dans et avec cette matière ? Le poids des nuages et des vents ne se mesure pas non plus. Pas mieux que leurs retombées. Comme celles que l’on pourrait déceler dans la polyphonie du chant d’un relai de télécommunications, perché dans le Mercantour comme né d’un massif de buis et de ronces adossé à la chapelle.

Merci à Victor Lanneau et Sophie Braganti pour leur repérage.



EOLIG
Eric Caligaris
(2’59)
electroacoustic (2017)


"Besides, it is of no importance to say that these bodies are not produced by each other, but that they have, however, properties quite equal; for in this way it is always necessary that the equality of power should remain with their masses, absolutely as if they were in fact derived from one another. It is evident, then, that neither the air nor the fire alone fill all the intermediate space."
Aristotle, Meteorological, Chapter III, §8

The cloud race does not stop where we expect it; it is part of the most complex algorithms that sometimes animate the surprising tools we invented - and which we always dream - to overcome our blindness in areas decidedly off the field since always. The clouds do not stop there. The winds either. Loaded with what we can not see, we can well imagine where they come from but for now, we hold our breath, we are silent and we wait for the event that will send us back to a hypothetical later, to see and understand what escaped us here: what is being played in and with this matter? The weight of clouds and winds is not measured either. No better than their fallout. Like those in the polyphonic song of a relay of telecommunications, perched in the Mercantour like born of a solid mass of boxwood and brambles leaning against the chapel.

Thanks to Victor Lanneau and Sophie Braganti for their location.










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