[skip - passer]




OXmin

(3:10), EC,
2020

En regard de 109 Hypertensions de Sophie Braganti.
D'après "Die Ochsenmenuette" (Le Menuet du Bœuf) d'Ignaz Ritter von Syfried*.
Lecture sonore du 07.08.2020 à l'Entrepont au 109 à Nice dans le cadre de Voilà l'été.


Pareil à l'absurdité du présent en nature que reçoit le boucher Hongrois en échange de sa fille dans la fable du Menuet du Bœuf, le fantôme de Haydn se glisse dans une œuvre qu'il ne peut avoir écrite. Pareils aux vestiges d'un lieu où périrent des millions de vies pour en faire vivre d'autres, subsistent des échos imaginaires amplifiés et déformés d'une réalité impossible à restituer. Les cris, les bêtes, les petites vies et les pratiques contestées sont notre histoire collective : celle des anciens abattoirs du 109 aussi, entre vestige et devenir. C'est toujours en tensions, bruyantes et étrangement fagotées, que s'écrivent les relations hétérogènes mais indissociables des vivants aux machines.

En recherchant des pages historiques sur le bestiaire musical des bovins, c'est le mot et l'abréviation "Ox" qui ont surgi pour identifier cette ancienne danse de cour : le menuet. "Ox" ou "Ochs" comme pour vouloir dire occir ou oxyder. Car l'altération et la destruction des anciens principes ont toujours été des mécanismes de transformation essentiels. Ici : déplacement d'une élégance d'origine vers le registre caverneux, le spectre d'harmoniques et l'autre forme d'une distanciation du vivant sur un tapis déroulant une cadence inexorable.

Oxmin, bien plus que Moo326, s'inscrit en pause, en contrechamps de 109 Hypertensions de Sophie Braganti et en symétrie de sa proposition solaire et piquante aux accents de folklore et de temps industriel révolus. Voici une danse en si bémol, un B flat qui évoque ce que voix animales et actions mécaniques, d'essences incompatibles, ont (eu) à voir dans un même appareil.

*Ox Minuet, The by Carl Ferdinand Pohl, A Dictionary of Music and Musicians (1900) edited by George Grove.

Next to 109 Hypertensions by Sophie Braganti.
After "Die Ochsenmenuette" (The Minuet of the Beef) by Ignaz Ritter von Syfried *.
Reading and sound on august 07.08.2020 at l'Entrepont, 109 in Nice programming Voilà l'été.


Similar to the absurdity of the present in kind that the Hungarian butcher receives in exchange for his daughter in the fable of Minuet du Bœuf, Haydn's ghost slips into a work that he could not have written. Similar to the vestiges of a place where millions of lives perished to support others, there remain amplified and distorted imaginary echoes of a reality impossible to restore. The cries, the animals, the small lives and the contested practices are our collective history: that of the old slaughterhouses of 109 too, between vestige and becoming. It is always in tensions, noisy and strangely bundled up, that the heterogeneous but inseparable relations of the living to the machines are written.

While researching historical pages on the musical bestiary of cattle, it is the word and the abbreviation "Ox" that have arisen to identify this ancient court dance: the minuet. "Ox" or "Ochs" as to mean to occir or oxidize. For the alteration and destruction of old principles have always been essential mechanisms of transformation. Here: displacement of an original elegance towards the cavernous register, the spectrum of harmonics and the other form of a distancing from the living on a carpet unrolling an inexorable cadence.

Oxmin, much more than Moo326, is part of a pause, in reverse of 109 Hypertensions by Sophie Braganti and in symmetry of her solar and spicy proposition with accents of folklore and bygone industrial time. Here is a dance in B flat which evokes what animal voices and mechanical actions, of incompatible essences, have (had) to see in the same device.

*Ox Minuet, The by Carl Ferdinand Pohl, A Dictionary of Music and Musicians (1900) edited by George Grove.